L'escalier du Festival, balayé, inondé,
ruisselant de la lumière des projecteurs, est dominé
par un véritable polypier de photographes. Au bas de l'escalier,
dans une enceinte de barrières et de gardes, les vedettes
sont déposées par des voitures de grand luxe ; alors
commence l'ascension à la fois mystique, radieuse et souriante
de l'escalier. Cette cérémonie, équivalent
cinématographique du triomphe romain et de l'ascension
de la Vierge, est quotidiennement recommencée. C'est le
grand rite. La Star est là, à son moment d'éfficacité
magique extrême, entre l'écrin et le temple, entre
la limousine et la salle de cinéma où elle va se
dédoubler. La photographie clé du festival est celle
qui la saisit dans ce rayonnement et cette gloire, à l'apogée
de sa festivalité.
Edgar Morin,
Les Temps modernes,
juin-juillet 1955
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